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Solange, When I Get Home et l’accomplissement artistique

Dès ses débuts, la jeune prodige a été mise à l’ombre par sa soeur aînée, Beyoncé. Toutefois, cela n’a pas empêché celle qu’on surnomme Queen B de la soutenir. Solange et son style décalé en séduisaient plus d’un, mais le succès se limitait à une communauté restreinte de mélomanes et de connaisseurs. C’est seulement récemment que le grand public a découvert une artiste aux paroles et au style si uniques qu’elle seule semble détenir le secret de sa singularité. 

Répétitions, symphonies classiques néo-urbaines, avec un brin de sa personnalité enchanteuse, Solange gagne les coeurs (et les oreilles) avec When I Get Home, son nouvel album, descendant du fabuleux A Seat At The Table. Les morceaux de cette oeuvre classico-soul s’inscrivent dans un récit où raisonnements philosophiques se mêlent au rapport de l’artiste à son identité de femme noire. 

Le projet fait preuve d’une incroyable unicité. La nonchalance de son grain de voix se reflète sur une cover simple où Solange s’illustre comme la reine du whatever et du you make me feel bored. Et, comme à son habitude, elle impressionne par la manière dont elle agence méticuleusement différents thèmes tout au long de ce LP de 39 minutes ponctué par de nombreux interludes.

Les retour aux sources et aux origines de la chanteuse sont à l’honneur : son Texas natal, l’homme noir, le rapport à soi quand on porte une couleur différente de la majorité des Américains. Ces thématiques sont brandies et mises en lumière à travers les nombreuses visions qu’elle porte sur sa vie et ses expériences. Un délice d’introspection et de maturité. 

Plongée et exploration dans l’univers de When I Get Home

En collaboration avec The Dream ou encore Tyler The Creator, Solange s’entoure dignement pour un projet qui tente de relever la barre haute placée par A Seat At The Table. L’incontournable Things I Imagined est aussi mystérieux que sa version visuelle dans laquelle elle danse devant une sorte d’idole scintillante dépourvue, à nos yeux, de sens concret. Le majestueux Way to the Show est, quant à lui, accompagné de la chanteuse Cassie pour les chœurs. L’interlude Can I Hold The Mic reste l’un des titres les plus hypnotisants et relaxants de l’album.

Un pied dans le futur, un autre dans le présent, Solange, nous parle du Moi et des différentes définitions de l’Homme qui évolue dans le monde moderne. Classe, élégance et afro-futurisme sont au rendez-vous dans le court-métrage qui accompagne certains titres. On retrouve même une référence à Retour vers le futur dans Stay Flo. Solange incarne une femme noire de son temps, au look décalé, qui défie la norme eurocentrée : 1 pour Solange, 0 pour la white supremacy.

ALMEDA

Pharrell, Metro Boomin et Playboi Carti participent à ce hit emblématique de l’album. Vraie référence afro-américaine par ses paroles élevant les personnes de couleur à un niveau quasi-céleste, Solange marque encore un point pour la culture. Avec des images aussi captivantes que la musique elle-même, l’artiste atteint son objectif : présenter une oeuvre complète et significative.

BINZ  

Cosy définit parfaitement le clip vidéo de Binz. Ici, on a le droit à la star sous tous les angles dans une ravissante intimité. Entre copines sous la couette, un twerk par-ci, de la lingerie et des talons par-là, Solange offre un visuel faussement amateur tourné à l’ordinateur. Il se détache du reste du film et nous remet les pieds sur terre suite à l’envol pris par le début du court-métrage. Les choses les plus simples sont parfois les meilleures.

Steve Lacy gracie l’album de sa participation dans quelques titres, tel qu’Exit Scott et My Skin My Logo. Et sa place est méritée. Son style musical est apprécié par la maîtresse de maison, connue pour accorder un intérêt important à la nouvelle génération musicale qu’elle laisse s’exprimer sur ses différents travaux. 

BELTWAY 

Beltway, de son côté, apparaît comme une introduction à un autre univers du film. Peut-être est-ce une histoire circulaire qui se répète dans l’infinité ? Figurants, montages répétitifs et lyrics résonnants à plusieurs reprises tout au long de l’album.

Tout au long de ce chef d’œuvre, l’amour et la raison se mêlent et se démêlent . Après A Seat At The Table et sa dimension politique, When I Get Home est centré sur le sujet noir et l’amour. Avec ce nouvel accomplissement musical et esthétique qui ne révélera probablement pas tous ses secrets, Solange règne telle une impératrice de la soul futuriste.

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